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11|07|2012
Bail et installations classées: le propriétaire n'est pas responsable sans limite
Deux propriétaires ont donné à bail un terrain pour l’exercice
d’une activité de conditionnement et de commercialisation de
produits chimiques, installation classée pour la protection de
l’environnement. Le bail est résilié et la liquidation judiciaire
de la locataire clôturée pour insuffisance d’actifs. Des produits
chimiques ayant été abandonnés sur le site dont les propriétaires
reprennent possession, le préfet confie à l’agence de
l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (l’ADEME) le soin de
conduire les travaux d’élimination des déchets abandonnés.
Après avoir mené à bien ces travaux, l’agence assigne les
propriétaires pour les voir condamner, sur le fondement de
l’article L. 541-2 du Code de l’environnement, à lui régler la
somme de 246 917 euros.
La cour d’appel de Toulouse rejette cette demande et l’agence se
pourvoit en cassation.
Par un arrêt promis à la plus large diffusion (P+B+R+I), son
pourvoi est rejeté en ces termes par la troisième chambre civile de
la Cour de cassation :
En l’absence de tout autre responsable, le propriétaire d’un
terrain où des déchets ont été entreposés en est, à ce seul titre,
le détenteur au sens des articles L. 541-1 et suivants du Code de
l’environnement dans leur rédaction applicable, tels qu’éclairés
par les dispositions de la directive CEE n° 75-442 du 15 juillet
1975, applicable, à moins qu’il ne démontre être étranger au fait
de leur abandon et ne l’avoir pas permis ou facilité par négligence
ou complaisance.
Ayant retenu que si les propriétaires étaient propriétaires du
terrain sur lequel des déchets avaient été abandonnés par
l’exploitant, elles ne pouvaient pas se voir reprocher un
comportement fautif, la cour d’appel en déduit exactement qu’elles
ne sont pas débitrices de l’obligation d’élimination de ces déchets
et tenues de régler à l’ADEME le coût des travaux.
Arrêt
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